Brisez les règles

Barbarismes, néologismes, féminisation de certains termes : n’ayez pas peur. Certes, la langue française obéit à des règles, or n’oubliez pas qu’en briser certaines est toléré. N’attendez pas que Larousse vous confirme qu’un mot existe pour l’utiliser. C’est par l’usage qu’une langue évolue et, si parfois les puristes vous diront que vous n’avez aucun droit de décider d’une évolution ou pas, rappelez-vous qu’en tant que locuteur(ice), vous avez tous les droits. Vous avez le droit d’être puriste, et vous avez le droit de ne pas l’être. Vous pouvez vous tromper, être corrigé(e), et refuser que votre côté féministe ou inventif soit bridé par des règles qui interdisent l’évolution. Vous pouvez contester la décision d’un(e) correcteur(ice) qui corrige « impostrice » sous prétexte que le féminin du mot « imposteur » n’existe pas encore. De même pour vainqueur, témoin etc. Écoutez-vous. Ce sont vos écrits.

Le subjonctif présent dans un récit au passé est bien souvent préféré alors que cela brise les règles, parce que c’est plus confortable, parce que les gens ont cette habitude. Donnez aux lecteur(ice)s les habitudes qui vous semblent légitimes. N’attendez pas que le monde accepte votre vision de la langue pour libérer vos envies. Appropriez-vous votre style.

Les logiciels de traitement de texte n’ont pas les connaissances requises pour vous dire si votre mot existe, s’il est approprié à votre contexte. Dès lors qu’un signifiant désigne un signifié, alors il existe dans une réalité. Il soulignera des fautes qui n’existent pas, et en omettra qui mériteraient d’être corrigées. Si dans un dialogue vous estimez qu’il vous faut enlever des syllabes, ou donner une autre orthographe à un mot pour lui donner une prononciation différente afin de refléter une possible ignorance de votre personnage ; si vous estimez en point de vue interne que la narration qui exprime les pensées de votre protagoniste se doit de rester totalement fidèle à sa personnalité, n’hésitez pas à féminiser, même un mot qui pourrait être un barbarisme « très vilain », n’hésitez pas à inventer un néologisme, une insulte, un terme simplifié pour un enfant qui penserait que la cérémonie d’adoubement s’appelle « chevaliérisation ». Dans la narration ou dans un dialogue, avec ou sans contexte, si vous avez un objectif, l’envie de transmettre une idée, un point de vue, d’exprimer un trait de caractère ou une façon de penser, n’hésitez pas et ne vous justifiez pas.

 

Vos écrits, vos règles.

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